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Christian Boltanski : Lifetime

Christian Boltanski / Musée d'Israël, Jérusalem

  • Expositions / Arts visuels

A l’occasion du lancement de la Saison croisée France-Israël 2018, le Musée d’Israël de Jérusalem présente une rétrospective de l'artiste français Christian Boltanski, intitulée « Lifetime ». Cette exposition magistrale, qui commence dans l’obscurité et se termine dans la lumière et la rédemption offre une expérience visuelle d'une profonde intensité. Christian Boltanski est l’un des artistes français les plus reconnus dans le monde aujourd’hui. Ce n’est pas la première fois que ses œuvres sont exposées au Musée d’Israël : ce retour, en ouverture de la Saison croisée France Israël, est l’occasion de revoir certains de ses travaux créés ces trente dernières années. « Lifetime » propose de les découvrir le long d’un parcours construit de sorte que les visiteurs aient le sentiment de traverser « physiquement » les œuvres.  

Né à Paris quelques jours après la libération de la ville de l’occupation nazie en 1944, d’un père juif et d’une mère catholique, l'enfance de Christian Boltanski se déroule au sein d'une famille de survivants. La question de la mémoire, au travers des histoires racontées, transmises, et des photos de famille exposées est intrinsèque au travail de Boltanski qui pose « Les Grandes Questions » : est-il possible de se souvenir et comment ? Que restera-t-il de nous après notre départ ? Dans « LifeTime », toutes ces questions se traduisent sous la forme d’installations complexes qui pénètrent le visiteur via l’utilisation hypnotique de photographies en noir et blanc tirées de photos de famille d’anonymes ou de journaux. Le parcours de l’exposition proposé aux visiteurs commence par des œuvres précoces et formatrices et se termine par des œuvres récentes, créées spécifiquement pour cette exposition.
Dans la première salle, une horloge numérique compte les secondes depuis la naissance de l’artiste. Plus loin, une vidéo intitulée Animitas présente l'enregistrement des bruits de 300 cloches éoliennes japonaises installées au bord de la mer morte, disposées selon la carte des étoiles la nuit de la naissance de l’artiste. Dans la salle suivante, le visiteur traverse des rideaux fantômes sur lesquels sont imprimés des photos d'yeux ; plus loin, une montagne dorée de 5 mètres de haut, entièrement recouverte de couvertures de survie, figure parmi les œuvres majeures qui composent cette exposition.
Parmi les créations exposées spécialement pour « LifeTime » au Musée d’Israël se trouve l’œuvre Mini-téléphone. Il s’agit d’une bibliothèque d’annuaires téléphoniques israéliens datés des années 60 jusqu’à nos jours. Les annuaires ont été récoltés grâce à une collecte publique pendant plus d'un an. Les visiteurs sont invités à prendre les livres, à les feuilleter et à rechercher leurs propres noms ou ceux de leurs familles et amis. L’œuvre, qui relie les habitants d’Israël d’hier et d’aujourd’hui, fait suite à celle créée en 1999, pour la fin du millenium, répertoriant les noms de toutes les personnes vivant sur la planète. Ici, l’œuvre exposée est une nouvelle version locale de ce travail. L’annuaire dont tout le monde disposait chez soi, en Israël et ailleurs, a disparu de nos vies avec l’apparition d’Internet et des téléphones portables. La bibliothèque est donc une sorte d’archive – un témoignage rappelant qui a vécu ici, déménagé, s’est marié ou a divorcé, et décrit les différentes communautés d’Israël : les Haredim, les kibboutz, etc. On retrouve dans cette œuvre les coordonnées de millions d’Israéliens dont la plupart ont disparu mais dont les noms subsistent dans l’œuvre.
L’une des installations les plus célèbres de Boltanski, « Les archives du cœur », créées en 2008, est également exposée. Emblématique du travail de Boltanski qui l’inscrit dans toutes ces expositions, l’œuvre présente un dispositif d’enregistrement dans lequel chaque visiteur est invité à enregistrer ses battements de cœur. Les enregistrements sont ensuite conservés dans « Les archives du cœur » sur l’île de Tashima au Japon, où des centaines de milliers d’enregistrements ont déjà été déposés.
L'exposition se termine par une œuvre « Mystère » : dans l'extrême sud de la planète, en Patagonie, Boltankski a posé des tubes de 3 mètres de haut. Lorsque de forts vents soufflent dans la région, les tubes émettent des bruits mystérieux ressemblant à ceux des baleines qui flottent dans les basses eaux en automne. La vidéo filmée en caméra fixe, du lever au coucher du soleil, témoigne d’une autre temporalité dans laquelle Boltanski trouve sa place : « J’espère que longtemps après mon temps, lorsque plus personne ne se souviendra de moi, restera encore l’histoire de cet homme fou qui essayait de parler avec les baleines. »

Ran Lior
T: 02-677-1323
@ ranli@imj.org.il

"Christian Boltanski « Lifetime » Exposition"

  • Mai 31
Musée d'Israël, Jérusalem